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Des soldats du régime syrien déployés le 30 novembre 2016 à Sheikh Saeed un quartier d'Alep - George OURFALIAN [AFP]

Le 01 décembre 2016 à 11:56

Le régime syrien a déployé jeudi des centaines de soldats d'élite pour conquérir les quartiers les plus peuplés d'Alep-Est et accélérer la chute de ce bastion rebelle, qui risque selon l'ONU de se transformer en un "gigantesque cimetière".

Les troupes du régime, aidées de combattants étrangers, contrôlent désormais 40% d'Alep-Est, quinze jours après le lancement de leur vaste offensive pour reprendre la totalité de la deuxième ville du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Le régime resserre l'étau sur les zones toujours sous contrôle des rebelles", a indiqué Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH. Après avoir conquis le nord-est du fief rebelle, ses troupes avancent "dans l'est, autour de Karm al-Jazmati, et au sud", dans le vaste quartier de Cheikh Saïd.

Des centaines de soldats des unités d'élite de la Garde républicaine et de la 4e Division ont été déployés en vue "des batailles de rue" dans les zones les plus peuplées d'Alep-Est, a précisé M. Abdel Rahmane. "Ils avancent mais craignent des embuscades dans ces zones où les combattants se mêlent aux habitants".

Bien qu'aguerris, les groupes armés rebelles sont submergés par la puissance de feu du pouvoir, qui avec ses raids aériens et tirs d'obus incessants est déterminé à leur infliger leur plus sévère défaite depuis le début de la guerre en 2011.

"Les obus ne s'arrêtent pas, c'est impossible de passer", ont ainsi crié des habitants à un correspondant de l'AFP alors qu'ils tentaient de se rendre mercredi dans le secteur de Sakhour repris par l'armée.

'Assiégés depuis 150 jours'

Le déluge de feu a causé de terribles destructions et poussé plus de 50.000 personnes à fuir Alep-Est en quatre jours, selon l'OSDH, un exode qui devrait s'accentuer dans les prochains jours puisque ces quartiers étaient peuplés d'environ 250.000 habitants.

"Ces personnes sont assiégées depuis près de 150 jours déjà et n'ont pas les moyens de survivre beaucoup plus longtemps", a averti le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien.

Plus de 300 civils, dont 33 enfants, ont trouvé la mort à Alep-Est depuis le début de l'offensive le 15 novembre, selon l'OSDH. Près d'une cinquantaine ont parallèlement été tués à Alep-Ouest, contrôlé par le gouvernement, par des tirs attribués aux rebelles.

"Nous supplions" les belligérants "de faire tout leur possible pour protéger les civils et permettre l'accès à la partie assiégée d'Alep-Est avant qu'elle ne devienne un gigantesque cimetière", a ajouté M. O'Brien. Il a exhorté le régime à autoriser l'entrée "en toute sécurité" des stocks de médicaments et de nourriture que l'ONU a pré-positionnés.

Occidentaux contre Russes à l'ONU

M. O'Brien a lancé cet appel devant le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni en urgence mercredi à la demande de la France. Mais cette réunion, comme les précédentes, s'est conclue sans avancée, témoignant de l'impuissance de la communauté internationale sur ce dossier.

Les Occidentaux en ont rejeté la faute sur la Russie qui aide militairement le régime de Bachar al-Assad, son allié, dans la guerre.

"Le Conseil ne répond pas aux appels à l'aide des civils (d'Alep) parce que la Russie ne le veut pas", a résumé l'ambassadrice américaine Samantha Power.

"Ce Conseil a été totalement incapable d'agir", a reconnu l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft. "Pourquoi? Parce que la Russie a mis son veto, encore et encore".

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a rétorqué en accusant les Occidentaux de vouloir "sauver des terroristes" et "d'utiliser des problèmes humanitaires à des fins politiques".

Selon le président du conseil local des quartiers rebelles, Brita Hagi Hassan, la défense d'Alep-Est était assurée surtout par quelque "6.000 à 7.000 combattants de l'Armée syrienne libre".

L'OSDH évalue le nombre de combattants antirégime dans Alep-Est à 15.000, dont 400 pour le Front Fateh al-Cham.

Des représentants de groupes rebelles à Alep ont rencontré ces derniers jours des émissaires russes à Ankara pour discuter de l'instauration d'une possible trêve.

Une reprise de la totalité d'Alep représenterait la plus importante victoire enregistrée par le régime depuis le début de la guerre et porterait un nouveau coup très dur aux rebelles qui ne contrôleraient alors plus que la province d'Idleb (nord) et quelques poches à Deraa (sud), berceau de leur révolte, et près de Damas.

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