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Alain Juppé le 21 novembre 2016 à son QG de campagne à Paris - STEPHANE DE SAKUTIN [AFP]

Le 22 novembre 2016 à 11:11

L'entre-deux tours de la primaire de la droite se tend: pour refaire son retard, Alain Juppé pilonne François Fillon en attaquant son programme économique "brutal" et ses positions sur l'avortement.

Rencontre avec ses soutiens et TF1 lundi soir, Le Figaro et Europe 1 mardi matin, réunion publique dans la soirée à Toulouse... Alain Juppé (28,5%), seize points derrière François Fillon (44,1%) selon des résultats toujours provisoires au premier tour de la primaire, "met toute la gomme" selon son expression pour combler l'écart d'ici le second tour dimanche.

Même s'il promet le "calme" et rejette l'idée d'une "campagne d'affrontement personnel" avec M. Fillon, pour qui il a "de l'amitié et de l'estime", le maire de Bordeaux critique plus clairement qu'auparavant le programme économique "brutal" de son adversaire qui selon lui ne se "fera pas".

Autre angle d'attaque, les questions de société: après avoir dénoncé devant ses soutiens lundi la vision "extrêmement traditionaliste" de Fillon, il l'a appelé mardi à "clarifier" sa position sur l'avortement.

En cause, une sortie du favori des sondages qui avait expliqué en juin que "philosophiquement et compte tenu de (sa) foi personnelle", il ne pouvait pas "approuver l'avortement". Interrogé sur le sujet fin octobre, il distinguait toutefois ses "convictions et l'intérêt général". "Jamais personne et certainement pas moi ne reviendra sur l'avortement", tranchait Fillon.

Les fillonistes sont venus à sa rescousse, le président du Sénat, Gérard Larcher, soulignant par exemple sa "position très claire" sur le sujet.

Avant sa propre réunion publique mardi soir près de Lyon, où Bruno Le Maire et Laurent Wauquiez doivent prendre la parole, François Fillon a répondu dans Le Parisien: "Alain Juppé a présenté un programme qui me semble décalé par rapport au centre de la gravité de la droite. Mais aussi du pays, qui est plus à droite qu'il ne l'a jamais été".

Le maire de Bordeaux se présente comme le meilleur candidat dans l'hypothèse Marine Le Pen au second tour de la présidentielle? "Le plus rassembleur fait 28%, je fais 44%...", tacle Fillon.

Le député de Paris se rend dans la matinée à Viry-Châtillon (Essonne) pour un échange avec des policiers, un mois et demi après l'attaque aux cocktails Molotov contre quatre policiers.

Il rencontre ensuite à la Maison de la Chimie à Paris ses soutiens parlementaires qui se sont nettement élargis depuis dimanche: Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, est par exemple revenu dans son camp après une longue escapade sarkozyste et s'est fait dès mardi son avocat sur Twitter, critiquant la "caricature" du programme filloniste par Alain Juppé, "pas digne de l'indispensable hauteur du débat de la primaire".

"Le plus réac"

Inconnue de ce second tour: la position qu'adoptera à son issue François Bayrou, soutien d'Alain Juppé qui comptait se présenter à la présidentielle face à Nicolas Sarkozy si celui-ci remportait la primaire.

Dans Le Figaro, le maire centriste de Pau dit son "intention de faire mûrir un projet plus juste et plus social" que celui du Sarthois, semblant ouvrir la voie à une candidature.

Fillon le ménage dans Le Parisien après un mois d'attaques de la part de Nicolas Sarkozy: il refuse tout "pronostic" sur le choix de celui avec qui ses relations sont "cordiales".

Après une participation record au premier tour, 4,13 millions de votants selon les derniers résultats provisoires portant sur 96% des bureaux de vote, la primaire continue d'intéresser: selon Médiamétrie, 6,6 millions de téléspectateurs ont suivi M. Fillon sur TF1 lundi soir, 5,2 millions Alain Juppé sur France 2 - un écart conforme aux audiences habituelles des deux chaînes.

Par ailleurs, M. Fillon continue à cristalliser les critiques des autres partis.

"M. Fillon a coché toutes les cases de la plus grande radicalité de la droite, la droite la plus dure" dit le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen. Fillon est "le plus réac'", approuve Laurence Rossignol, ministre des Droits des Femmes.

Le FN, lui, dénonce le "passif" de François Fillon comme Premier ministre et son programme "ultralibéral".

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