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Le président américain Barack Obama à la descente de l'avion à Berlin le 16 novembre 2016 - TOBIAS SCHWARZ [AFP]

Le 17 novembre 2016 à 04:26

Barack Obama et Angela Merkel se retrouvent jeudi à Berlin pour une rencontre en forme de passage de témoin, au moment où la chancelière allemande se voit attribuer un rôle de porte-étendard des valeurs démocratiques dans le monde suite à l'élection de Donald Trump.

Au lendemain d'un discours en forme de testament politique à Athènes, où il a livré un plaidoyer pour la démocratie et une mondialisation socialement plus juste, le président américain va insister à Berlin, deuxième et dernière étape de sa tournée d'adieux, sur les valeurs communes à l'Europe et aux Etats-Unis, selon des responsables de la Maison Blanche.

Il devrait également tenter d'apaiser les craintes concernant l'avenir du partenariat transatlantique alors que son successeur élu proclame agir selon le principe du "America first".

Barack Obama, 55 ans, a rendu hommage ces derniers jours à la chancelière la qualifiant de sa "partenaire internationale probablement la plus proche". Après un dîner privé mercredi soir, des entretiens officiels et une ultime conférence de presse commune vers 15H30 GMT sont programmés jeudi.

Les inquiétudes suscitées par la victoire de Donald Trump devraient largement dominer.

Prenant à revers le discours anti-mondialisation de son successeur désigné, M. Obama et Mme Merkel ont envoyé un signal dans une tribune commune publiée dans un hebdomadaire allemand et diffusée dès mercredi soir.

Ils y défendent le lien transatlantique et le libre-échange, alors que M. Trump est tenté par le protectionnisme et l'isolationnisme. "Il n'y aura pas de retour au monde d'avant la mondialisation", y soulignent-ils, "nous sommes plus forts en travaillant ensemble".

Relation privilégiée

Après l'arrivée au pouvoir d'Obama, les deux responsables ont rapidement développé une relation étroite qui a survécu au scandale en 2013 portant sur l'espionnage du téléphone portable de la chancelière par son allié.

Très atlantiste, Mme Merkel s'est montrée inhabituellement claire après la victoire de Donald Trump en lui rappelant l'importance du respect des valeurs démocratiques et de tolérance. Le président élu avait lui durement critiqué la chancelière et sa politique d'immigration généreuse durant la campagne.

Pour certains analystes, la visite d'Obama prend dès lors des allures de passage de flambeau, la dirigeante se retrouvant catapultée meilleure représentante "du monde libre" et mais aussi défenseur de la relation transatlantique et du libre-échange, autant de messages portés jusqu'ici par Washington.

Signe du poids pris par l'Allemagne, c'est aussi à Berlin que Barack Obama fera ses adieux vendredi aux dirigeants britannique, espagnol, italien et français, Theresa May, Mariano Rajoy, Matteo Renzi et François Hollande, invités à se joindre au duo.

La venue à Berlin de M. Obama est pour lui chargée de symboles. C'est ici que le candidat à la Maison-Blanche à l'époque avait tenu en juillet 2008 son plus grand meeting électoral.

Dans une ville autrefois divisée par un Mur, il avait émis l'espoir d'un monde débarrassé des armes nucléaires devant 200.000 personnes réunies sous la Colonne de la Victoire.

De l'euphorie à la méfiance

Juste avant l'arrivée de M. Obama, des Allemands interrogés sur les lieux de ce discours ont exprimé tristesse et inquiétudes face à l'arrivée de M. Trump dans le Bureau ovale.

"C'était l'euphorie" quand Barack Obama a succédé à George W. Bush, a expliqué à l'AFP Thomas Schmidt, 54 ans. C'était "un peu comme quand le Mur de Berlin est tombé. L'atmosphère maintenant avec Trump est à la méfiance. Personne ne sait ce qu'il va faire".

Pour Matthias Krah, 43 ans, la perspective de voir Donald Trump accéder aux plus hautes fonctions américaines est "angoissante". "Cela va signifier que nous, Européens, devrons regarder de l'avant", dit-il, "peut-être que nous allons commencer à faire sans les Etats-Unis".

D'autres se montraient plus mitigés sur le bilan du président américain sortant. "Trump a fait une mauvaise impression ici durant la campagne électorale mais au moins il ne nous décevra pas", a jugé Hannah Müller, 26 ans.

Pour elle, Obama a suscité la déception en ne fermant pas comme promis la prison de Guantanamo ou en ne parvenant pas à faire avancer les négociations de paix au Proche-Orient.

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