Incubateurs en Normandie : quand les start-up construisent le monde de demain

Incubateurs en Normandie : quand les start-up construisent le monde de demain

L'incubateur de Neoma a déjà vu passer 70 start-up !

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Par : Lucien Devôge

Les incubateurs, où sont accompagnés des futurs chefs d'entreprise aux idées innovantes, se multiplient dans l'agglomération de Rouen (Seine-Maritime). Plongée dans cet univers où se construit le monde de demain.

A mi-chemin entre les couveuses, dans lesquelles le porteur de projet est salarié en CDD, et les pépinières, dans lesquelles s'installent des start-up déjà créées, il y a les incubateurs. Autrement dit, des lieux où tout entrepreneur en devenir est accompagné pour développer son projet jusqu'à ce qu'il soit considéré suffisamment solide pour passer au statut d'entreprise.

Dans l'agglomération de Rouen (Seine-Maritime), ils se sont multipliés ces dernières années. Il y a les anciens, comme celui de l'école de commerce Neoma Business School, créé début 2011. Et les plus récents, comme Normandie Seine Incubation, né de la fusion entre Seinari et Miriade, ex-incubateurs des Haute et Basse-Normandie, ou NFactory, fondée par Alexandre Martini, directeur du Campus Saint-Marc, et Jean-Louis Louvel, PDG de l'entreprise PGS. De ces incubateurs sortent des concepts originaux, parfois farfelus, toujours rafraîchissants : il y a WePetSitty, un système de baby-sitting pour animaux, Quitoque, un service de livraison d'un repas en kit à préparer chez soi ou encore Holibag, une plateforme pour faire garder ses bagages chez les commerçants quand on visite une ville.

Accompagner le futur entrepreneur

Chaque structure peut avoir quelques différences, l'incubateur de Neoma n'accueillant par exemple que des étudiants ou diplômés de l'école, mais le but reste le même : accompagner l'étudiant dans sa mue entrepreneuriale. Emmanuel Da Costa, responsable de la partie digitale à la NFactory, explique le processus : "Le porteur de projet nous envoie un dossier. Les quatre membres de l'équipe l'examinent. Si trois sur quatre l'acceptent, nous le recevons une première fois. Puis on lui donne le 'go' ou le 'no go'. S'il l'obtient, soit nous le voyons une seconde fois, soit il intègre directement l'incubateur."

Former, coacher, financer

Les services proposés par les incubateurs peuvent eux légèrement différer. Denis Gallot, responsable de celui de Neoma évoque pêle-mêle "le coaching, le mentoring par un chef d'entreprise expérimenté, des sessions de formation, d'expertise..." Il évoque également "les avances remboursables que nous offrons aux porteurs de projet qui pensent à nous une fois qu'ils gagnent de l'argent avec leur entreprise" ou "les élèves ingénieurs des écoles du coin que nous recrutons pour assister les incubés".

"L'incubateur, un élément déclencheur"

A la NFactory, Emmanuel Da Costa met en avant "la mise à disposition des locaux, de matériel comme une caméra ou une voiture, d'un studio télé pour tourner..." L'accompagnement est également personnalisé : "Gaël Duval s'occupe de la partie développement et peut assister l'incubé tandis que j'interviens sur la partie web marketing, par exemple en améliorant le référencement de leur site." Lok-iz, plateforme de mise en relation immobilière fondée par Saphir et Lamia Hanafi et qui permet même à l'internaute de gagner de l'argent en partageant des annonces, a été incubée à Neoma : "Ça a été l'élément déclencheur, assure Saphir. Je me posais un tas de questions. Neoma a su y répondre. Cela a vraiment fait office de facilitateur."

Si un peu de recul manque, la réussite semble déjà être au rendez-vous. "70 start-up sont sorties de l'incubateur sur cinq ans et le taux de survie est supérieur à 80%, la moyenne nationale", souligne Denis Gallot. Quant à la NFactory, deux dossiers ont déjà été étudiés depuis juin : six sont déjà en phase d'accélération (levée de fonds), 12 sont incubées.

À l'assaut de la Silicon Valley

Et le mouvement n'en serait qu'à ses débuts : "On y croit, tout le monde y croit, donc on y va, résume Alexandre Martini. Un mouvement est en marche. On arrive même à faire venir des start-up de Paris. Même si on ne fait pas encore assez de bruit." Emmanuel Da Costa embraye"Il est évident qu'il y a une mutation ces dernières années. On a l'impression que la France devient un pays d'entrepreneurs. L'accessibilité est là, les moyens sont là, la culture aussi."

Certains veulent déjà se frotter à l'ogre américain. Du 3 au 10 décembre, sept start-up passées par Neoma -dont Lok-iz, Nachos ou Quitoque, s'envolent pour la Silicon Valley : "C'est un voyage d'études pour que les entrepreneurs s'ouvrent l'esprit, fassent des rencontres, découvrent des incubateurs et visitent des grandes entreprises comme Google et Facebook. L'idée, c'est de découvrir autre chose et pourquoi pas de changer de dimension. Moi, quand je suis allé là-bas, je suis revenu avec l'idée de tout créer, de tout révolutionner."

Suivre l'exemple des plus grands

Une envie de casser la baraque que Safir et Lamia Hanafi entretiennent. Les deux fondateurs de Lok-iz ont été présélectionnés pour intégrer Y Combinateur, l'accélérateur américain le plus prestigieux au monde, par lequel sont notamment passés Airbnb et Dropbox. Ils passaient leur entretien via Skype mardi 1er novembre. Si la performance est déjà de taille, Lamia tempère : "On ne crie pas hallelujah, il y a un taux de réussite de 1%, c'est plus sélectif qu'à Harvard. Mais pour nous, ça changerait tout." Et pour leurs homologues restés au pays, cela montrerait qu'une start-up française peut elle aussi, comme ses aînées américaines, tout révolutionner.

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