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A six mois de la présidentielle, l'élan brisé de Hollande

Primaire de la gauche de gouvernement - AFP

Le 15 octobre 2016 à 15:40
Par : Agence France Presse

A six mois de la présidentielle, le séisme provoqué par les confidences de François Hollande à des journalistes du Monde relance les spéculations sur une candidature à la présidentielle de 2017 qui paraissait acquise et menace désormais de chavirer.

L'entourage du président est partagé. Un proche assure qu'"il sera candidat" même s'"il n'a pas pris sa décision formellement" alors que le chef de l'Etat lui-même a prévenu à de multiples reprises qu'il faudrait patienter jusqu'à début décembre pour être fixé sur ses intentions.

"Mon intuition, c'est qu'il ira", confirme un deuxième. Mais un troisième s'interroge : "Si François Hollande est candidat à la primaire, quelle campagne peut-il faire ? Elle serait complètement parasitée".

Les dégâts provoqués par les considérations du président sur la "lâcheté" des juges, la "trahison" de son ex-compagne Valérie Trierweiler ou la teinture de ses cheveux dans "Un président ne devrait pas dire ça..." (Stock) sont irréversibles, selon lui.

"Non, ça ne s'oubliera pas. Il n'y a plus de respect, le dénigrement du chef de l'Etat est porté à son comble avec cette affaire", tranche-t-il.

Le dernier carré des fidèles s'accroche encore à un argument: François Hollande serait "le plus à même de se présenter devant les Français pour défendre son bilan, l'assumer et représenter un rempart contre les populismes".

Mais vendredi, les hiérarques socialistes s'interrogeaient ouvertement sur la "volonté" du chef de l'Etat d'effectuer un second mandat, avec les accents d'un ultime avertissement.

Depuis le Canada où il était en déplacement, Manuel Valls a dit "mesurer les conséquences" des propos présidentiels sur les magistrats. "Je sais ce que je peux représenter pour le pays", a ajouté le Premier ministre, façon de se poser en recours.

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, s'est interrogé sur la "volonté" de François Hollande de se représenter, non sans avoir fait savoir qu'il avait "fait part de (sa) stupéfaction au chef de l'Etat".

"Il est en difficulté", a relevé pour sa part le Premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis.

Depuis des mois, François Hollande semait méticuleusement les petits cailloux d'une pré-campagne.

- Le choix entre deux mauvaises décisions -

Sa garde rapprochée avait échafaudé une stratégie en quatre volets. Le premier : "agir comme président, son premier devoir", manifestement mis à mal par ses confidences explosives aux journalistes du Monde.

Le deuxième: "remettre en perspective l'action conduite depuis 2012, défendre sa cohérence". Le troisième: "caractériser la situation politique avec les risques de fracture et de division qui pèsent sur le pays, la remise en cause de la démocratie et des valeurs républicaines".

Quant au quatrième, il s'agissait de définir un projet politique pour un second quinquennat "qui ne peut pas être une simple continuation mais qui doit être une véritable transformation avec pour objectif principal de garantir la cohésion de notre pays".

François Hollande, expliquait-on, "a commencé à réfléchir à ce qu'il pourrait proposer aux Français s'il était candidat au travers des rencontres, des discussions, des échanges qu'il peut avoir lors de ces déplacements publics ou privés, de ses lectures...".

Entamée avec un discours au Théâtre du Rond-Point, le 3 mai, cette montée en puissance s'est accélérée ces dernières semaines avec des déplacements quasi-quotidiens.

Elle doit se poursuivre lundi avec une visite en terrain miné, à Florange, sur le site des hauts fourneaux d'ArcelorMittal dont la fermeture avait été l'occasion fin 2012 d'une crise gouvernementale.

Puis ce sera, le 26 octobre, la célébration du centième anniversaire de la naissance de François Mitterrand, avant un nouveau discours programmatique sur les questions sociales.

Une conférence de presse ? "C'est une carte que nous pourrions jouer mais nous n'avons pas encore fixé de date", glisse l'entourage de François Hollande.

Mais le président lui-même est visiblement plongé dans les affres de la réflexion, avec le sentiment de n'avoir le choix qu'entre deux mauvaises solutions.

"C'est vrai que ça peut être humiliant de perdre quand on est sortant" mais "c'est aussi humiliant de se dire +Je ne peux pas y aller+ (...) +Je n'ai pas réussi, je n'y vais pas+", a-t-il confié aux journalistes du Monde.


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