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Yémen: des centaines de morts et blessés dans des raids sur Sanaa

Yémen: des centaines de morts et blessés dans des raids sur Sanaa

Des secouristes sur les lieux après des frappes attribuées à la coalition arabe à Sanaa, le 8 octobre 2016

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Des centaines de personnes ont été tuées ou blessées samedi dans la capitale yéménite Sanaa dans des raids aériens attribués à la coalition arabe dirigée par Ryad et qui ont frappé une foule en deuil, selon les rebelles.

Figuraient parmi les nombreuses personnes réunies pour le deuil des responsables des Houthis, les rebelles qui se sont emparés de Sanaa il y a plus de deux ans, et qui sont combattus par la coalition arabe, alliée du gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Les raids ont fait "plus de 450 morts et blessés", selon un bilan provisoire fourni en début de soirée par des responsables du ministère de la Santé, contrôlé par les rebelles, qui ont dénoncé "un massacre".

Les frappes ont visé une salle publique où de nombreuses personnes étaient réunies dans l'après-midi pour présenter leurs condoléances pour la mort du père du "ministre de l'Intérieur", Jalal al-Rouichène, a indiqué Sabanews.net.

Un énorme incendie s'est déclaré dans le bâtiment, qui s'est effondré, ont indiqué des habitants.

Des équipes de secours retiraient des corps calcinés et tentaient de retirer d'autres coincés sous les décombres, a rapporté un photographe de l'AFP sur place.

- Cadavres calcinés -

Le photographe a dit avoir compté une vingtaine de cadavres, totalement calcinés, ou en lambeaux. Certaines personnes, amputées de leurs membres inférieurs par l'effondrement du bâtiment, étaient secourues par des volontaires.

"Un avion a tiré un missile contre la salle, et quelques minutes après, un deuxième appareil a bombardé le site", a indiqué un témoin, qui s'est identifié par son prénom, Moujahid.

"C'est un crime ignoble perpétré contre un lieu de deuil", a protesté un deuxième témoin, qui a requis l'anonymat.

Un autre témoin a exprimé sa colère devant la scène de désolation qu'offrait le lieu de l'attaque. "C'est un crime contre l'humanité (...). Le régime saoudien est responsable de l'effusion de sang des Yéménites", a-t-il dit.

Des ambulances évacuaient les victimes et les hôpitaux ont lancé un appel pressant pour des dons de sang, selon des habitants.

- Le maire de Sanaa tué -

Le maire de Sanaa, Abdel Qader Hilal, figure parmi les personnes tuées, a indiqué la chaîne de télévision des rebelles Al-Masirah.

Le gouvernement yéménite, qui a dû fuir le pays après la prise de Sanaa par les rebelles, tente de regagner le terrain perdu avec l'appui de la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite voisine.

Les rebelles n'ont pas précisé si M. Rouichène ou d'autres personnalités, outre que Abdel Qader Hilal, étaient présentes au moment de l'attaque.

Le général Jalal al-Rouichène, qui avait été nommé ministre de l'Intérieur par le président Abd Rabbo Mansour Hadi, est resté en poste après que les Houthis ont conquis Sanaa en septembre 2014.

Le Conseil politique suprême, mis en place récemment par les Houthis et leurs alliés, les partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, a appelé les Yéménites à participer dimanche matin à une manifestation devant le bureau de l'ONU à Sanaa pour protester contre "les crimes de guerre" de la coalition.

La coalition militaire arabe n'a pas encore réagi aux affirmations des rebelles sur sa responsabilité dans l'attaque. Son porte-parole, le général Ahmed Assiri, était injoignable en début de soirée.

La coalition, qui est intervenue au Yémen en mars 2015, a été accusée par des organisations de défense des droits de l'Homme de commettre des "bavures" en touchant des secteurs civils dans ses raids.

Samedi à l'aube, quatre civils, membres d'une même famille, ont été tués dans un raid aérien de la coalition contre une maison près de Bajil, une localité de la province de Hodeida (ouest), a indiqué à l'AFP un responsable provincial.

Le 9 août, au moins 14 personnes avaient été tuées selon des sources médicales dans des raids de la coalition, trois jours après l'échec de pourparlers de paix au Koweït.

Les civils paient le prix fort du conflit, qui a fait plus de 6.700 morts, selon l'ONU.


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