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Pologne: la mobilisation des femmes sur l'avortement fait plier les conservateurs

Pologne: la mobilisation des femmes sur l'avortement fait plier les conservateurs

L'avortement en Europe

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Bousculé par la mobilisation des femmes polonaises contre une interdiction quasi complète de l'avortement, le parti conservateur au pouvoir est contraint de revoir sa position et pourrait finalement rejeter le texte lors d'un vote jeudi au Parlement.

Quarante-huit heures après des manifestations ayant réuni quelque 100.000 "femmes en grève" vêtues de noir pour protester contre la proposition de loi envoyée en commission parlementaire, cette dernière a voté mercredi soir pour le rejet de ce texte.

Les protestations de lundi "nous ont fait réfléchir et nous ont donné une leçon d'humilité", a admis le ministre de la Science et de l'Enseignement supérieur, Jaroslaw Gowin.

La loi actuellement en vigueur autorise l'avortement dans trois cas : risque pour la vie ou la santé de la mère, examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l'embryon et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste.

La proposition examinée ne laisserait impunie qu'une intervention pour sauver la vie de la femme. Elle fixe la peine de prison maximale pour la femme qui avorte à cinq ans de prison, tout en permettant au juge de renoncer à la punir.

Le rejet en commission mercredi soir a été presque unanime, conservateurs et opposition se retrouvant côte à côte lors du vote, malgré une ambiance houleuse.

Dans la foulée, l'éventuel abandon définitif de la proposition de loi d'initiative citoyenne doit faire l'objet jeudi d'un vote de l'ensemble des députés.

Une telle issue semblait probable, le rejet en commission ayant été demandé par un député du PiS, Witold Czarnecki, en même temps que par les centristes libéraux de la Plateforme civique (PO), principal parti d'opposition.

- 'Panique' -

Le parti au pouvoir, majoritaire au parlement, qui avait voté le 23 septembre pour l'examen du texte en commission et le rejet d'un contre-projet libéral, a donné l'impression d'agir dans l'urgence.

Un député PiS, Tomasz Latos, a assuré que son parti "n'a jamais été favorable à la punition des femmes", reprenant la position de l'épiscopat.

L'opposition n'a elle pas ménagé le parti de Jaroslaw Kaczynski.

"Votre position en commission résulte de la panique qui vous a saisis après les protestations de lundi", a asséné une députée de PO, Joanna Mucha. "Les Polonaises ne permettront pas que vous les conduisiez à l'abattoir comme des moutons. Le troupeau va vous piétiner", a-t-elle lancé.

Une parlementaire du parti d'opposition libéral Nowoczesna, Joanna Scheuring-Wielgus, a accusé le PiS d'avoir envoyé en commission "un projet barbare, vil, qui aurait dû aller à la poubelle il y a deux semaines".

La parole a ensuite été donnée au grand promoteur de la proposition de loi, animateur d'une fondation pro-vie, Mariusz Dzierzawski. Reprenant l'argument selon lequel "toute personne humaine a le droit à la vie", il a accusé les parlementaires du PiS de "se moquer de leurs électeurs (...) des 500.000 personnes qui avaient signé le projet" par pétition.

Le projet a également suscité l'émotion en Europe, au moment où les relations entre Varsovie et Bruxelles sont déjà tendues sur plusieurs autres dossiers. Le Parlement européen s'est saisi de ce dossier mercredi et de nombreux députés y ont vivement critiqué le texte lors d'un débat.

Au nom du groupe PPE (droite), c'est la Polonaise Barbara Kudrycka, membre de la PO, qui est montée au créneau à Strasbourg, en s'adressant aux membres de son gouvernement: "Vous avez des coeurs de pierre! Les femmes ne sont pas des marchandises pour payer vos promesses électorales", a-t-elle déclaré.


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