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Musique électronique: le festival Ultra poursuit à Tokyo sa conquête du monde Actu

Les "Ultranautes" japonais arborent les tenues les plus folles
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Musique électronique: le festival Ultra poursuit à Tokyo sa conquête du monde

15h30 - 22 septembre 2016 - par AFP

Petite fête des fans de musique électronique sur une plage de Miami à ses débuts, le très branché Ultra Music Festival a de grandes ambitions d'expansion mondiale après une année de nouvelles conquêtes.

Dernière étape en date: Tokyo. L'Ultra, accusé par les puristes, qui n'écoutent la musique de danse électronique que pour elle-même, de contribuer à "commercialiser" celle-ci, y a récemment rassemblé quelque 120.000 fanatiques, trempés jusqu'aux os par les pluies annonciatrices d'un violent typhon.

"Il y a de la place pour tous les genres de musique électronique", expliquait le week-end dernier à l'AFP son cofondateur Russell Faibisch. "La diversité est la raison d'être du festival".

"Ces dernières années l'EDM (Electronic Dance Music) a fonctionné sur scène pour les masses mais la musique 'underground' a toujours et aura toujours sa place. Chacune se nourrit de l'autre", assure-t-il.

Rassemblement tout en lumières et paillettes des accros de l'EDM, l'Ultra a déjà fait le grand écart dans 19 lieux à travers le monde: Argentine, Brésil, Chili en Amérique du Sud et Espagne et Croatie en Europe notamment. Et vers l'Est, il a atteint Tokyo, Taipei, Singapour, Bali, Bangkok et Hong Kong. Ses organisateurs annoncent "d'autres projets importants d'expansion" l'an prochain.

"Nous avons toujours eu un plan", dit M. Faibisch, qui avait monté la première édition en 1999.

"Du milieu à la fin des années 1990 les boîtes de nuit étaient florissantes à South Beach" (quartier de Miami Beach), se souvient-il."Il y avait plein de club géniaux comme Liquid and Shadow Lounge donc c'était le moment idéal pour que tout démarre. Les circonstances étaient parfaites".

Le puissant typhon qui s'est abattu sur le Japon n'a pas découragé les esprits à l'Ultra Japan du week-end dernier, où 70 numéros ont été présentés dont, parmi les plus en vue, ceux de Hardwell, Tiesto et Deadmau5, qui ont fait danser pendant trois jours des foules immenses.

"Beaucoup de gens, lorsqu'ils creusent sous la surface de l'EDM, trouvent une musique plus intéressante", estime l'artiste Dubfire dans une allusion à la musique électronique alternative, d'une écoute moins facile et légère que celle des morceaux destinés à la danse et rassemblée dans une partie séparée du festival sous le nom de "Resistance".

- Des genres divers, une "longue histoire" -

Le poids lourd britannique de la techno Carl Cox a été la locomotive de la production alternative présentée au festival Ultra, tandis que les organisateurs prévoient des spectacles "Resistance" en Amérique du Sud le mois prochain.

"Lorsqu'il se passe quelque chose dans l'underground, cela influe sur la musique électronique grand public et vice versa", dit l'artiste néerlandais Hardwell à l'AFP. "Ils ont besoin l'un de l'autre. L'EDM commerciale est une très bonne introduction pour les plus jeunes, car on n'entend jamais à la radio les styles underground".

Dehors sous la pluie battante, la masse dense de jeunes "Ultranautes" japonais, dont beaucoup dans les tenues les plus folles, ne pense qu'à faire la fête.

"Ils ne savent peut-être pas grand chose sur la techno, mais c'est un genre qui a une longue histoire et un des piliers de la musique de danse. Ca ne disparaîtra pas du jour au lendemain", dit le roi de la techno japonaise Ken Ishii, au sujet de ce genre de musique électronique principalement originaire de la ville industrielle américaine de Detroit.

Dubfire avoue avoir évolué avec le monde changeant des boîtes de nuit. "Je suis un artiste de la vieille école qui émet des sons de la nouvelle école", dit-il avant de vanter les avantages d'une vocation de DJ. "De nos jours, pour vous lancer dans la musique électronique, vous n'avez plus besoin de vous battre pour convaincre vos parents: ils comprennent que vous pouvez y faire une très belle carrière", affirme-t-il.

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