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En Normandie, ils jouent dans la rue, ce vivier de talents Loisirs

Anton a commencé par jouer dans les rues de Londres, pendant quatre ans, avant de revenir à Rouen pour y faire son trou.
© Romain Flohic.

En Normandie, ils jouent dans la rue, ce vivier de talents

08h00 - 22 septembre 2016 - par L.D

Ils sont nombreux, à Rouen (Seine-Maritime), à se saisir de leurs instruments pour jouer et chanter sur le pavé. Tous espèrent faire de la rue un tremplin pour aller plus haut et vivre de leur passion. Tendance Ouest est allé à leur rencontre.

Lors de l'édition 2015 de La Nouvelle Star, un gamin de 18 ans fait la fierté de la Normandie. Nelson, alors élève au lycée Gustave Flaubert à Rouen (Seine-Maritime), enchante le jury de l'émission à coups de reprises des Doors, des Ramones et de Bashung, avant d'échouer aux portes de la finale. Une réussite pour ce jeune chanteur qui a fait ses gammes devant la cathédrale de Rouen.
Un succès, surtout, qui rappelle une vérité : on peut commencer à chanter dans la rue et finir sous les projecteurs. Comme Keziah Jones, comme Renaud, comme M et bien d'autres encore.

"Ce n'est pas de la mendicité"

À Rouen, ils sont nombreux à s'armer de leurs instruments, parfois de leurs voix, pour séduire les passants. Et tous tiennent à souligner une chose : "Ce n'est pas de la mendicité, comme on le croit trop souvent en France", explique Anton, 27 ans, qui a écumé les rues de Londres guitare en main et qui a également participé à La Nouvelle Star, avant, peut-être de tenter l'aventure The Voice.
Anthony, du duo de musique celtique Black Cat, qui joue depuis mars dans la rue et dans les bars avec sa complice Fantine, renchérit : "En Irlande, il y a des musiciens partout. C'est de plus en plus rare en France. Et il y a parfois une incompréhension. Une fois, on nous a proposé des sandwichs. On a refusé".

La rue, un labo pour artistes

Ce n'est pas après l'argent que courent ces artistes de rue, mais après la reconnaissance. La rue, c'est un tremplin pour viser plus haut : "Nous jouons devant les gens pour jouer ensuite sur scène", indique Anthony. Réussir dehors, c'est l'assurance de réussir ailleurs. Car monopoliser l'attention d'un public qui ne fait que passer et n'a pas payé pour assister à la performance, tel est le challenge : "Les gens ne s'arrêtent pas. L'attention, cela tient souvent au regard des enfants. Alors les parents s'arrêtent", avance Fantine, par ailleurs comédienne dans une compagnie de théâtre.
Anton confirme la difficulté de l'exercice : "On se bat contre plein d'ennemis : le froid, la pluie, le bruit, les commerces, parfois les policiers. Mais quand on arrive à aller chercher les sourires, ça redonne la pêche." La rue devient révélatrice du talent d'un chanteur ou d'un groupe et de son succès potentiel : "J'ai un ami, quand il a un projet de résidence, il le teste d'abord un après-midi dans la rue. En fonction du résultat, il donne suite ou non au projet. La rue, c'est un laboratoire", illustre Anthony.

Viser plus haut

Tous ceux qui mettent aujourd'hui en musique le centre-ville de Rouen espèrent pouvoir un jour vivre de leurs instruments et de leurs voix. Anton, lui, veut aller plus loin. Celui qui connaît bien Nelson pour avoir joué avec lui rue du Gros Horloge compte sur les télé-crochets pour le propulser un peu plus haut encore. Il compose actuellement un album dont huit chansons sont terminées. Une œuvre qu'il compose avec un objectif en tête : "Je veux laisser une trace. Et montrer qu'on peut s'en sortir en jouant dans la rue".

 

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