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Assange: la justice suédoise statue sur le mandat d'arrêt européen Actu

L'ambassade de l'Equateur à Londres où Julian Assange est reclus depuis 5 ans
© AFP/Archives

Assange: la justice suédoise statue sur le mandat d'arrêt européen

06h02 - 16 septembre 2016 - par AFP

La justice suédoise statue en appel vendredi sur le mandat d'arrêt visant le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, dans une enquête pour viol, mandat qu'il conteste de crainte d'être extradé aux Etats-Unis pour répondre de la divulgation de milliers de documents confidentiels.

A la veille de la décision de la justice suédoise, WikiLeaks a rendu public des éléments du dossier médical de Julian Assange, indiquant que sa santé se dégradait alors qu'il a entamé en juin sa cinquième année de réclusion à l'ambassade d'Equateur, confiné dans une pièce austère de 18 m2.

"La santé mentale de M. Assange risque très probablement de se détériorer avec le temps s'il reste dans la situation actuelle", prévient l'organisation en faisant également état de problèmes aux dents et à l'épaule.

C'est la huitième fois que le mandat d'arrêt européen le visant est examiné par une juridiction suédoise. Les sept précédentes, la décision a été défavorable à l'Australien de 45 ans, visé par la plainte d'une jeune femme en 2010.

A l'appui de leur requête, ses avocats invoquent le rapport d'un groupe de travail de l'ONU qui en février l'a estimé victime d'une "détention arbitraire".

Ils avaient déjà été déboutés sur la base de cet argumentaire en première instance au motif que leur client était susceptible de se soustraire à un éventuel procès.

La cour d'appel de Stockholm doit rendre sa décision à 11H00 (09H00 GMT).

La magistrate suédoise qui instruit l'enquête pour viol, Marianne Ny, a redit la semaine dernière sa détermination à entendre M. Assange, notant que "tous les tribunaux qui ont examiné cette affaire ont conclu qu'il y avait des raisons fondées de soupçonner une infraction".

Après des mois de bras de fer avec la magistrate et les enquêteurs, l'Equateur a finalement accepté de faire auditionner son hôte, mais par un magistrat équatorien, le procureur Wilson Toainga.

Cette audition a été fixée au 17 octobre à l'ambassade équatorienne à Londres.

- 35 ans pour Manning -

M. Toainga "prendra la déclaration sur la base d'une feuille de questions remise par le ministère suédois de la Justice (...) ainsi qu'un éventuel prélèvement de fluides corporels" si Assange est d'accord, selon le parquet équatorien.

La procureure générale suédoise, Ingrid Isgren, et une fonctionnaire de police, Cecilia Redell, ont été autorisées à être présentes, selon la même source. Stockholm demandait, mais n'a pas obtenu, qu'elles mènent l'interrogatoire.

Julian Assange récuse fermement les accusations dont il fait l'objet, dénonçant une manoeuvre pour l'extrader vers les États-Unis qui veulent le juger pour la diffusion d'informations secrètes.

Co-fondateur du site WikiLeaks, M. Assange avait demandé l'asile à Quito pour échapper à une extradition vers la Suède, craignant d'être ensuite renvoyé vers les États-Unis. L'Equateur lui a accordé l'asile, mais n'a pas obtenu que la Grande-Bretagne lui accorde un sauf-conduit afin qu'il puisse quitter l'ambassade.

L'ex-hacker australien pourrait se voir reprocher par la justice américaine la publication par WikiLeaks, en 2010, de 500.000 documents classés secret défense sur l'Irak et l'Afghanistan et 250.000 communications diplomatiques.

Le soldat et analyste américain Bradley Manning, principale source des documents classés secrets sur l'Irak et l'Afghanistan et des câbles diplomatiques, a été condamné en août 2013 pour espionnage à 35 ans de prison.

Loin de rendre les armes, Julian Assange a affirmé fin août que de nouveaux documents liés à la candidate démocrate à la Maison Blanche, Hillary Clinton, seraient publiés avant le scrutin du 8 novembre, et pourraient avoir un effet "important" sur l'élection.

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