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Une association dénonce la souffrance des lapins angora d'élevage Actu

Photo non datée fournie par l'association de défense des droits des animaux One Voice montrant des clapiers dans lesquels sont élevés des lapins angoras dans un lieu inconnu
© One Voice/AFP

Une association dénonce la souffrance des lapins angora d'élevage

17h02 - 15 septembre 2016 - par AFP

Un pull en angora, non merci! Une association de défense des animaux a provoqué l'émoi en diffusant jeudi des images chocs montrant la souffrance des lapins angora d'élevage. Les éleveurs se défendent en mettant en avant leurs "bonnes pratiques" et en pointant la Chine du doigt.

Après les poules en batterie et les abattoirs, cette nouvelle affaire d'animaux maltraités en France a été dévoilée par l'association One Voice qui montre des lapins en train d'être "dépilés". Leurs poils soyeux sont ensuite filés pour produire la laine utilisée dans le textile et la mode.

"Les lapins souffrent, ils crient, c'est inadmissible. Parfois la peau se déchire quand on les épile, tous les cent jours environ", a déclaré à l'AFP Muriel Arnal, présidente de One Voice.

Sur le site internet de l'association, créée en 1995 et basée à Strasbourg, une pétition réclamant "l'interdiction de l'élevage des lapins angoras et du commerce de leur laine" avait recueilli plus de 7.400 signatures jeudi en début d'après-midi.

One Voice, proche du milieu vegan anti-élevage et anti-viande, dit également avoir porté plainte contre le principal éleveur français de ces animaux, basé dans l'ouest du pays.

- 'Dénoncer un système' -

Selon Muriel Arnal, l'enquête menée par des membres de l'association, "infiltrés" dans six élevages, a duré six mois, entre février et fin juillet.

A la différence d'une autre association française, L214, qui milite contre les violences sur les animaux et a aussi publié récemment des vidéos choquantes d'abattoirs, One Voice n'a pas identifié les élevages dans lesquels ses images ont été tournées.

"Nous ne voulons pas désigner un élevage plutôt qu'un autre, nous voulons dénoncer un système dans son ensemble", a indiqué Muriel Arnal.

"Nous sommes prêts à aider les éleveurs pour qu'ils se reconvertissent", a-t-elle ajouté. "Il ne faut plus d'angora, d'autant que cet élevage est fait sans aucun contrôle", a-t-elle affirmé.

"Et ils vont nous donner de l'argent pour que nous arrêtions notre activité et que le public continue d'acheter de l'angora chinois?" a ironiquement réagi à chaud Jean Clouet, éleveur en Loire-Atlantique et président de l'Utalaf, l'organisation professionnelle qui regroupe les éleveurs français.

Alors que la France était le premier producteur mondial d'angora dans les années 60, avec plus de 2.000 élevages dans les années 80, il n'en reste plus qu'une trentaine actuellement.

La production d'angora français est de 2 à 3 tonnes par an, et il n'y a plus que 5 ou 6 éleveurs dont c'est l'activité principale, selon M. Clouet.

La faute à la Chine selon lui, qui a raflé tout le marché dans les années 80 en "installant des élevages géants de 10.000 à 100.000 animaux", selon lui, lorsque la demande mondiale était très élevée. L'association PETA avait d'ailleurs dénoncé en 2013 les très mauvaises conditions dans ces élevages.

- Du mimosa pour faire tomber les poils -

"La filière française s'est effondrée, mais elle a le mérite de continuer d'exister, de l'élevage à la filature", dit M. Clouet en citant notamment les laines Anny Blatt.

En brandissant son "cahier des charges et des bonnes pratiques", M. Clouet dénonce le procédé "malhonnête" selon lui, utilisé par l'enquêteur de l'association qui a filmé à l'insu des propriétaires en se faisant passer pour une personne désireuse de lancer un élevage.

"Pour favoriser la tombée des poils, nos lapins mangent des granulés de mimosa d'Afrique, mis au point par l'Inra. On le peigne et le poil vient tout seul. Les cris, il y a en quelques-uns, mais ce n'est pas général", a-t-il dit.

"Nous utilisons de la paille pour les litières, afin que les lapins soient plus confortables. Contrairement au mohair, qui nécessite des chèvres très jeunes, le plus bel angora vient d'animaux matures vers 5-6 ans, selon M. Clouet.

"Nous aimons nos animaux, nous nous en occupons, et nous y avons intérêt d'ailleurs", dit il, en assurant ne rien avoir à cacher: "J'ai déjà reçu une équipe de télévision dans mon élevage, je suis prêt à recommencer."

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