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Balayé par le Brexit, David Cameron quitte l'arène politique Actu

Theresa May devant le 10 Downing Street avec son mari Philip John, le 13 juillet 2016, lors de sa prise de fonction comme Première ministre britannique
© AFP/Archives

Balayé par le Brexit, David Cameron quitte l'arène politique

18h22 - 12 septembre 2016 - par AFP

Déjà balayé de son poste de Premier ministre par le référendum qui a décidé du Brexit, le conservateur britannique David Cameron a annoncé lundi qu'il abandonnait également son siège de député.

"A mes yeux, dans le monde politique d'aujourd'hui et vu les circonstances de ma démission, il n'est pas vraiment possible d'être un député efficace lorsqu'on a été Premier ministre", a déclaré M. Cameron, 49 ans, dans un communiqué.

Député de la circonscription de Witney, au centre de l'Angleterre, depuis juin 2001, il démissionne de la Chambre des Communes avec "effet immédiat".

"Je ne veux pas détourner l'attention des actions que le gouvernement doit entreprendre pour notre pays", a justifié M. Cameron, chef du gouvernement de 2010 à 2016.

"Je vais désormais construire ma vie en dehors de Westminster", le microcosme politique britannique. "Je n'ai que 49 ans et j'espère que je pourrai continuer à contribuer à l'intérêt général et à servir mon pays", a-t-il ajouté dans une interview à la chaine de télévision ITV.

Confortablement réélu l'année dernière, David Cameron a démissionné le 24 juin au lendemain du choc de la victoire des partisans d'une sortie de l'Union européenne lors du référendum qu'il avait lui même organisé.

Il s'était alors dit "très enthousiaste" à l'idée de rester député dans l'Oxfordshire, assurant avoir même l'intention de briguer un nouveau mandat en 2020.

-'Entier soutien à May'-

Moins de trois mois plus tard, il a changé d'avis, créant la surprise. Car, traditionnellement, les anciens Premiers ministres conservent leur mandat de député pendant quelques années avant d'y renoncer.

"Après mûre réflexion cet été, je suis arrivé à la conclusion que la bonne décision était d'abandonner mon mandat de député de Witney. Il y aura une élection partielle et j’offrirai tout mon soutien au candidat conservateur", a-t-il expliqué dans un communiqué.

David Cameron offre aussi son "entier soutien à Theresa May", qui lui a succédé le 13 juillet au 10, Downing Street, et sous la direction de laquelle il se dit "certain que le Royaume-Uni va prospérer".

Dans une allusion au Brexit, il a déclaré: "le pays avait fait un choix qui n'était pas celui que j'ai conseillé. Mais le choix a été fait et je souhaite que le gouvernement l'applique avec succès."

Il a assuré que sa démission n'avait "rien à voir" avec la réforme des lycées publics engagée par Theresa May et à laquelle il était opposé.

"Je pense qu'elle a commencé son mandat sur les chapeaux de roue. Elle peut devenir un Premier ministre fort pour notre pays", a-t-il estimé.

-'Aux historiens de juger'-

"David Cameron a pris la bonne décision en quittant la Chambre des Communes. On accuse les anciens Premiers ministres soit de ne pas en faire assez, soit de détourner l'attention", a commenté son ancien ministre des Affaires étrangères, William Hague, qui a été l'un des premiers à réagir.

"Désolé de voir mon grand ami David Cameron démissionner - il adorait être le député de Witney: je sais à quel point cette décision a été difficile pour lui", a tweeté son ex-lieutenant et ministre des Finances, George Osborne.

"J'ai été fière de servir dans le gouvernement de David Cameron, sous sa direction nous avons accompli de grandes choses", a réagi Theresa May, ancienne ministre de l'Intérieur, dans un communiqué.

Interrogé sur l'héritage qu'il pensait laisser, David Cameron s'est dit "persuadé" qu'on se rappellera de lui comme quelqu'un qui a "tenu sa promesse d'organiser ce référendum, alors que beaucoup pensaient que cela ne serait pas le cas".

Il espère également qu'on retiendra son bilan économique pendant ses onze années à la tête du parti conservateur et les six au poste de Premier ministre. Mais, a-t-il ajouté, il reviendra en définitive "aux historiens de juger".

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